ESSAIS

Choeur d’étoilessonge17

Un choeur d’étoiles éclate
étoile de pique ou de carreau
Un choeur d’étoiles éclate
étoile de mer qui tombe à l’eau

Flotte comme la voie lactée
qui emboîte le  pas à  l’immensité
Trotte comme l’été qui claque la porte
aux voix du passé.

Un choeur d’étoiles éclate
etoile de pique qui chante faux
Un choeur d’étoile matraque
son requiem dans mon dos

Serrure céleste je déboule à toute allure
et déboite
Je craque l’allumette de mes rêves
et consume tout à trac
plus d’épate

Un choeur d’étoiles éclate
étoile de pique ou de carreau
Un choeur d’étoiles me mate
je garde la tête sous l’eau

Attendre le temps au tournant
des lustres d’années lumière
attendre que s’efface les traces
d’étoiles ephémères

Un choeur d’étoiles
tombe à l’eau.

 

En noir et blanc

Y’a un piano noir, sur la scène, qui attend, un piano noir, un peu de toi présent.

Sur le clavier, je vois tes yeux en noir et blanc.

Un autre que toi y pose ses doigts, C’est un peu de toi que j’entends en noir et blanc, dans ce piano noir qui attend.

Je sens tes mains sur ma peau, dans le mouvement de cette musique qui ment.

Sauvage et libre courant d’air, fier et impertinent, filant comme la lumière, tu mens. Et mes larmes coulent sans t’atteindre, sans éteindre mes tourments, tu ne m’entends pas, tu mens.

Tu mens comme la douceur, comme le bonheur qui file avec le temps, tu m’envoûtes et j’aspire au néant.

Je n’ai pas su, tu ne m’as pas vu, perdu encore une fois, si près de toi.

Je te vois pourtant, partout où un piano noir attend.

Un piano qui comme moi dépend de toi, de tes mains sur moi.

J’attends que tu me vois, que tu m’accordes enfin à tes pas.

Touche à touche,  tu marches trop vite, de travers,

tu me frôles à peine, tu te perds, je me noie dans cette musique qui ment encore, sauvage et libre courant d’air.

Douceur âcre de kaki pas mûr, fragile hiver, engelures,

Tu restes froid face à moi, au pied du mur de mes silences, tu es de glace et moi sans importance. Tu te joues de moi, Tu ne me touches pas, fragile courant d’air, je suis la douleur de l’hiver, et ce piano sur lequel tu poses tes doigts, pleure pour moi.

La lumière s’est éteinte, Je ne t’emporte pas, je laisse au vent froid le soin de s’occuper de toi.

Je balaie tout au printemps et dépose la poussière de mon cœur au pied d’un piano noir qui s’envole, fier et impertinent comme le vent, face à la lumière de ton néant.

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photo © C. Boillon